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Effets des OGM sur les rats, quelques éclaircissements.

Vous n’avez pas pu rater la dernière étude choc sur les OGM cette semaine dans les médias! Cette étude a fait grand bruit en montrant une mortalité importante de rats nourris aux OGM!

Et elle est intéressante de part sa durée puisqu’elle s’est étalée sur deux ans alors que les expérimentations sur le OGM durent classiquement trois mois, ce qui est trop peu. D’ailleurs les scientifiques ont montré une mortalité des rats dès quatre mois…

Mais au delà du sensationnalisme médiatique intéressons nous aux faits. Ces résultats sont ils si choquants?

La publication de la tourmente sortie dans Food and Chemical Toxicology est signée par l’équipe du Pr Gilles-Eric Séralini de l’Université de Caen.  Elle se concentre sur maïs transgénique NK 603 de Monsanto.

Il existe une multitude d’OGM ayant chacun des caractéristiques propres, mais la plupart ont pour but de résister à certains pesticides/herbicides qui pourront ainsi être pulvérisés sur les champs sans détruire la dite plante OGM. La plupart des tests menés sur les OGM étudient en fait non pas la plante mais les l’effet des produits chimiques pulvérisés. L’étude du Pr Séralini est intéressante dans le sens ou elle sépare l’effet de l’OGM et du produit chimique.

Rats de laboratoire

Pour différencier les effets du maïs transgénique et du pesticide la stratégie de l’équipe a été de nourrir les rats avec des croquettes au maïs, des croquettes contenant trois doses de maïs NK603 traité ou non par RoundUp, et enfin des croquettes de maïs non transgénique et de l’eau contenant plus ou moins de pesticide.

Et alors qu’ont ils observé ?

Entre deux et trois fois plus de décès chez les femelles nourries aux OGM sans pesticide que dans le groupe témoin! Les décès des toucant essenciellement les rates étaient dus à des tumeurs mamaires. Les auteurs avancent que au bout des 2 ans de l’expérimentation, 50 à 80 % des rates nourries aux OGM avaient développé des tumeurs, contre 30 % chez les témoins, ce qui parait déjà énorme. Chez les rats mâles les anomalies constatées étaient quant à elles hépatiques et rénales, et les effets sur la mortalité moins constants.

En lisant juste ça on a de quoi être inquiets puisque même si on le sait peu nous mangeons tous des OGM, en particulier de soja via la lécithine qui est présente dans à peu près tout! Mais il faut aussi nuancer ces résultats. C’est ce qu’ont déjà fait d’autres scientifiques.

Des remarques ont été faites sur le traitement statistique des données. Et la grande question: pourquoi avoir choisi des groupes de 10 rats seulement? Pas la peine d’avoir fait math sup pour savoir que les statistiques sur un échantillon de 10 ne sont pas des plus fiables… Difficile de tirer des résultats très significatifs donc!

Ce n’est pas ma spécialité mais il apparaît aussi que des méthodes statistiques inhabituelles ont été utilisées pour traiter les résultats. Le directeur du département des sciences de la nutrition du King’s College of London a carrément déclaré: “Il semble que les auteurs n’aient retenu que les chiffres les intéressant”. Ça me rappelle une phrase d’un de mes professeurs: « On peut faire dire ce qu’on veut aux statistiques ».

Et les rats?

Revenons aux rats! Pourquoi avoir utilisé des rats Sprague-Dawley connus pour développer spontanément un risque élevé de tumeurs mammaires? Cela explique du coup les 30% de mortalité chez les rats témoins! Il faut noter que lors de l’étude huit tumeurs sont apparues chez 5 des 10 rates du groupe de femelles témoins (sans OGM)…

Passons à la nourriture, si l’on regarde attentivement l’étude aucune donnée n’est fournie sur la quantité de nourriture ingérée par les rats. Et cela est d’autant plus embêtant que les rats Sprague-Dawley sont connus pour développer ces tumeurs mammaires lorsque les ingestions de nourriture ne sont pas contrôlées. Difficile de penser que les scientifiques ignoraient ces faits!

Voilà donc… On part de unes de journaux télévisés fracassantes et en fouillant on se rend compte qu’il y a beaucoup de biais dans cette étude. On ne peut que regretter certains choix des chercheurs qui discrédite leur travail qui a pourtant le mérite d’avoir une durée suffisamment importante! (On se demande d’ailleurs pourquoi c’est la première fois qu’une étude si longue a été menée.)

Ces critiques ne doivent qu’encourager à mener d’autres études de durée suffisante sur les OGM.

Florian Ronez

Après un cursus scientifique en biologie et biochimie, je me suis spécialisé en microbiologie, avant de faire une thèse de doctorat sur la valorisation d'une protéine microbienne d'intérêt. Durant cette thèse un master en management et gestion des entreprise m'a permis de compléter mes compétences. Et c'est à l'issue de ce parcours que je crée YouLab.

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